L'entretien de Recrutement
Vos efforts de recherche ont payé et vous voilà arrivé à une étape cruciale et déterminante. Bravo ! Un entretien de recrutement est un moment précieux, difficile à obtenir, qu'il convient de positiver et de valoriser comme il se doit.

Préparez-vous et préparez-le avec soin en mettant toutes les chances de votre côté. Vous allez en effet rencontrer un professionnel dont le rôle est de vous évaluer, et réciproquement, vous aller devoir évaluer l'intérêt du poste et de la société qu'on vous propose. A l'inverse de votre dossier de candidature, objectif et rationnel, cette rencontre en face à face va réintroduire en force toute la part de subjectivité que comporte toute rencontre.

Nos conseils :

• Soyez en forme physiquement, moralement et psychologiquement
• Dormez bien la veille
• Soyez ponctuel à votre rendez-vous
• Soignez la forme
• Faites un effort vestimentaire et allez éventuellement chez le coiffeur
• Restez "cool"
A Retenir :
Un entretien réussi vous donne espoir et énergie. Vous en sortez fier de vous avec le sentiment d'avoir été performant, c'est-à-dire au sens étymologique anglais, d'avoir été un bon acteur. Des signes objectifs comme la durée de l'entretien, son intensité, l'intérêt du recruteur à votre égard, doivent vous l'avoir prouvé. Il doit vous en rester une impression positive, chaleureuse, engageante, qui va vous mobiliser pour la suite. Bien se vendre, c'est finalement rester soi-même, conforter ses objectifs et réussir à faire partager ce point de vue.
Ce qu'est un entretien de recrutement
• Une situation finalisée à durée limitée
Vous rencontrez quelqu'un dans un but précis. Vous allez donner, échanger et apprécier des informations qui vont permettre à l'un et à l'autre de faire un choix en fin d'entretien Un entretien de recrutement dure d'une demi-heure à une heure et demie.
• Une situation relationnelle
L'entretien implique un face à face, une situation de rencontre, où le vécu, ce qui se passe et ce qui se dit dans le cours et le cadre de l'entretien, est la matière privilégiée de la rencontre.
• Une situation interactive
Un entretien est à base d'échanges verbaux principalement mais pas uniquement. Les deux interlocuteurs ont à s'exprimer tour à tour. L'un le fait pour aider l'autre à s'exprimer et montrer qu'il cherche à le comprendre. L'autre donne des informations qui font l'objet de l'entretien. Cette situation peut être inversée au cours de l'entretien en fonction de l'objectif poursuivi, mais cette dissymétrie des rôles est toujours à respecter.

Dans un entretien de recrutement, le recruteur interviewe le candidat, mais le candidat interviewe aussi le recruteur. L'évaluation doit être réciproque. La maîtrise de la prise de parole, des techniques de communication verbale est alors décisive.
• Une situation doublement structurée
Dans un entretien, il y a des règles: on sait qui a l'initiative, qui va commencer, qui est chargé de le conduire, qui propose un plan, qui choisit une technique, qui doit le conclure. Cette structure méthodologique est doublée par une autre structure, subjective, implicite, mais qui n'en est pas moins présente et efficiente. Elle est liée à tous les paramètres affectifs de la situation, à tout ce que la situation de l'entretien déclenche: les réactions émotionnelles, affectives, la sympathie, l'antipathie, la lassitude, la fébrilité, etc ...
• Une situation dynamique
La situation d'entretien est faite pour que les deux interlocuteurs évoluent par approximations successives, par essais et erreurs, dans leurs impressions, dans leur langage, dans leur perception, dans leur compréhension. La prise de parole n'est jamais figée, les propos peuvent évoluer, des phrases peuvent être risquées, reprises et modifiées. L'important est que l'expression de l'un et de l'autre tende à devenir de plus en plus juste. L'art de l'interviewer aide beaucoup.
Ce que n'est pas un entretien de recrutement
• Un monologue
Vous ne pouvez pas le réduire à une simple séance d'information.
• Une conversation
"On s'assoit et on cause" ... Un entretien a des objectifs, des procédures structurées, des règles du jeu précises.
• Un interrogatoire
L'entretien ne se limite pas à un bombardement de questions et de réponses. Il fait appel heureusement à d'autres ressources verbales.
• Une interview journalistique
L'entretien n'est pas une interview au sens journalistique du terme. Ce qui s'y dit, ce qui s'y passe n'est destiné à aucun lecteur, à aucun auditeur. Il n'y a que deux interlocuteurs et on n'y recherche rien de spectaculaire ni de médiatique.
• Une discussion d'idées ou un débat
Vous n'avez pas, par exemple, d'idées ou d'opinion à défendre. Vous n'avez pas non plus à contrer celles de votre interlocuteur. Vous avez au contraire à les recueillir, éventuellement à lui renvoyer pour qu'il précise sa pensée.
• Une confession
Dans un entretien de recrutement, il n'y a rien à avouer ou à faire avouer, pas de jugements moraux à porter sur les informations qui s'y échangent. La culpabilité n'y a aucune place.
Les cinq phases de l'entretien de recrutement
1. Accueil et présentation
Après vous avoir accueilli et mis à l'aise, le recruteur ou le consultant situe le cadre de l'entretien, son objectif et sa durée. Il se présente ensuite et explique son rôle dans le recrutement.
2. Présentation du candidat
Il vous invite ensuite à vous présenter et se met dans une position d'écoute pour le faire. Au cours de votre exposé, il va vous poser des questions pour vous faire préciser ou développer certains points de votre parcours personnel et professionnel. S'engage alors un dialogue fait de questions et de réponses successives. Il peut être amené à recadrer l'entretien si nécessaire.

Un bon recruteur ne vous posera que des questions ouvertes ou semi-ouvertes, qui ne vous enfermeront pas dans des réponses téléguidées. Il respectera aussi les étapes et les temps de parole. Il ciblera ses questions sur les critères objectifs et subjectifs définis pour le poste, et tentera de cerner vos réelles motivations.
3. Présentation du poste et de l'entreprise
Le recruteur présente ensuite l'entreprise. Il la situe dans son contexte économique, en donne les chiffres clés et les faits marquants. Il peut s'appuyer sur une présentation type, sur une documentation, une vidéo ou des transparents.

Puis, il présente le poste. Sont abordés les aspects suivants :

• titre ou dénomination du poste
• service
• lieu de travail
• environnement
• cadre de travail
• rôle essentiel du titulaire
• description et caractéristiques des tâches
• responsabilités exercées
• aspects relationnels
• encadrement et management (si c'est le cas)
• relations avec la hiérarchie
• climat psychologique et culture d'entreprise
• spécificités techniques requises
• résultats attendus (qualifiés et chiffrés)


Il doit aussi vous préciser certains points pratiques :

• motif du recrutement (création, remplacement, ...)
• statut du poste (cadre, employé, ... )
• type d'emploi (CDI, CDD, ... )
• mode de rémunération (fixe, commissions, participation, ... )
• avantages sociaux et annexes (mutuelle, CE, tickets restaurant, ... )
• congés
• horaires (position vis à vis des 35 heures, ... )
• perspectives d'évolution
• politique de formation interne
• disponibilité et mobilité
• date d'intégration
• modalités spécifiques d'intégration au poste et à l'entreprise (accompagnement, formation)
4. Évaluation réciproque
Le recruteur vous invite ensuite à lui poser les questions qui vous permettront d'évaluer vos chances de réussite dans la fonction. Il doit répondre clairement aux questions portant aussi bien sur le contenu du poste et les tâches à effectuer que sur les conditions de travail.
C'est pour lui le moment de l'évaluation objective et subjective, notamment de votre motivation, et pour vous, celui de l'évaluation de l'intérêt que la société et le poste vous inspirent.
5. Conclusion
C'est au recruteur de conclure. Il doit définir les étapes ultérieures et les échéances du recrutement, sans essayer de justifier une probable décision, positive ou négative, sauf si celle-ci est tellement évidente qu'elle s'impose d'elle même ou émane de vous. Vous pouvez en effet refuser le poste pour des tas de raisons valables. Un recruteur généreux (il en existe !) vous donnera alors avis et conseils afin de mieux vous positionner sur le marché du travail.
Les pièges à éviter
Pour le recruteur
• L'effet de halo
Les candidats se suivent et ne se ressemblent pas. Le recruteur doit se défier des comparaisons hâtives. Ce n'est pas parce qu'un candidat est bon, voire très bon, que le suivant, forcément très différent, ne l'est pas ou bien inversement. Le recruteur doit veiller à ce que les candidats ne "déteignent" pas les uns sur les autres.
• La projection
C'est un travers psychologique bien connu que de rechercher le double de soi-même (ou de la personne à remplacer pour le poste), en prêtant à l'autre ses manières de penser et d'agir.
• La première impression
Certes, la première impression est souvent la bonne, mais elle ne doit être tout au plus qu'une hypothèse de travail qui doit être confirmée ou invalidée durant l'entretien. Se fier aux apparences n'est pas professionnel.
Pour le candidat
Ce qui vient d'être dit pour le recruteur est aussi vrai pour le candidat (sauf l'effet de halo), du fait de positions a bien des titres symétriques. Méfiez-vous de la première impression, qu'elle soit positive ou négative, et ne prêtez pas à l'autre vos attentes, votre façon de penser ou d'agir, vos sentiments. Méfiez-vous aussi des préjugés et des stéréotypes. Prenez le recul suffisant pour montrer que vous êtes, vous aussi, un vrai professionnel.

• Etre bavard
n'est pas une bonne chose. Ce n'est pas parce qu'on en dit beaucoup qu'on en dit plus ou qu'on le dit mieux, et surtout qu'on convaint. Choisissez les mots justes pour vous exprimer. Ménagez des pauses dans votre discours, prenez des respirations dans votre élocution, n'ayez pas peur du silence. Structurez ce que vous dites, en suivant un plan, mais avec souplesse. Vous n'en serez que plus convaincant.

trop parler vous empêchera d'écouter et de poser toutes les questions nécessaires, et vous laissera un sentiment d'incomplétude en fin d'entretien.
• Etre anxieux
se voit et se sent, que ce soit par une attitude crispée, le ton de votre voix, une transpiration inhabituelle et peut-être même une odeur, un comportement agité, des rougeurs sur le visage, etc ... votre émotivité transparaît. Votre corps en dit plus long que votre discours et peut même dire le contraire ! Ne soyez donc pas parasité par une émotivité envahissante, qui vous mettra mal à l'aise, ainsi que votre interlocuteur, et qui risque de vous faire perdre vos moyens. Si vous la sentez monter en vous, un mot d'ordre: respirez et relâchez-vous ! Soyez zen: dites que vous êtes un peu tendu ... cela vous détendra !
• Etre fermé
en ayant les bras croisés, les jambes repliées sous son siège, la mâchoire crispée, le regard froid ou distant, etc ... signes physiques particulièrement visibles et significatifs. L'entretien de recrutement n'est pas un interrogatoire policier ni une lutte de pouvoir entre vous et le recruteur, et l'objectif n'est pas d'en prendre le contrôle ou d'être le plus fort ! Vous n'avez pas non plus à formuler des jugements de valeur sur le recruteur, l'entreprise ou le poste qu'on vous propose. Cela sera toujours très mal pris, soyez-en sûr !
• Etre trop décontracté
et/ou physiquement avachi est l'écueil inverse. L'entretien de recrutement n'est pas une conversation de salon à bâtons rompus où l'on cause, et le recruteur n'est pas votre copain, même s'il est sympathique. Soyez "cool", sans être familier. Prenez conscience des enjeux de la situation et gardez la bonne distance. Faites attention à votre attitude, à votre tenue et à votre tonus, surveillez votre langage et votre vocabulaire. Faites en sorte que tout soit sous contrôle.
(Everything is under control ...)